Retour : la brise créative aurovilienne nous accompagne !
Voilà quelques semaines que nous avons quitté la grosse mamelle continentale indienne si riche en laits spirituels ! Elle en compose une multitude de délicieux sous-produits lactés : onctueux rasgouls dévotionnels, mille et une spécialités de halavas philosophiques, jusqu’à inventer un plat aussi futuriste qu’Auroville !
Contrairement à ce qu’on dit souvent nous n’éprouvons pas de discontinuité entre notre séjour et le retour. Car nous nous sentons portés par le même mouvement de « méditaction» dynamique que nous ressentions en pédalant sur nos vélos dans la brise Aurovillienne.
Au milieu d’un emménagement et des travaux pour l’installation dans un grand loft, le suivi d’une entreprise et d’une ONG, sans oublier une bonne ribambelle d’enfants ! - nous gardons le feu jubilatoire du lancement de l’Aurovillage en Afrique et la création du Centre Sri Aurobindo et Mère France !
D’autant plus que ces deux initiatives ont trouvé tant d’échos positifs tant auprès d’Auroville que de personnes remarquables de l’Ashram – et nous pensons particulièrement à Richard et Kailash, et du Darshan qu’il nous ont transmis continuellement durant le séjour.
Avancée de l’Aurovillage
Nous travaillons avec Satprem, le bâtisseur en terre d’Auroville, pour les plans de la pyramide Aurokhémis et du Centre Mirafrica (que nous décrirons en détail dans un prochain post !), qui devraient voir le jour au coeur de la savane du Burkina Faso ! Ce que nous apprécions avec Satprem c’est la sensibilité numérique symbolique et spirituelle avec laquelle il profile ses ouvrages. Notre pyramide Aurokhémis sera conforme à la table des valeurs et des proportions de la pyramide de Guizeh.
Nous attendons en provenance d’Auroville un bon carton de brochures et des docs sur le neem et le panchagaya ! Pour lancer la création d’une forêt et d’hectares de jardins dans le sahel aride il faudra beaucoup de panchagaya !
Enfin nous préparons pour bientôt une mise à jour du site Aurovillage avec toutes les nouvelles perspectives.
Car samedi 13 nous serons au Burkina Faso pour lancer le gong de toute cette aventure !
Le Centre Sri Aurobindo et Mère France
Nous lisons actuellement le livre « Sri Aurobindo et la révolution française» – c’est bien le seul « yogi» a avoir donné une si magistrale et pénétrante vision de ce cataclysme historique ! On y découvre combien la France, son destin et son histoire était familiers à Sri Aurobindo. Ne parlons de Mère, artiste parisienne et cas unique d’une française adorée par les indiens comme une incarnation de la Mère Divine ! La France a une place étonnante dans cette histoire, et la cas de Satprem nous confirme cette singularité. Notre initiative modeste – la création de ce petit « Centre» , s’attachera, entre autres, à mettre en valeur cette relation privilégiée qui doit sans doute avoir un sens pour notre temps.
Nous parlions plus haut de l’emménagement d’un loft. C’est déjà bien avancé. L’espace de presque 300 m2, sis dans une vaste usine reconvertie, a pris forme. Ce sera notre logement avec une partie consacrée au Centre Sri Aurobindo et Mère France. Autant dire que ce sera Leur demeure .
Nous attendons pour étoffer le Centre un colis d’Inde qui comprend des produits de l’Ashram et d’Auroville : quelques centaines d’ouvrages de l’oeuvre de Sri Aurobindo et Mère en français publiés à l’Ashram et à Auroville, des bijoux, des encens, des parfums, des photos, des posters…
A notre retour d’Afrique en Avril nous nous occuperons de finaliser l’aménagement du Centre avec une grande salle de concentration/méditation, un équipement vidéo, une mini-librairie et le site internet. Et un calendrier d’activités : conférences, rencontres annuelles, expositions…
La consécration
Ce turnover d’activités quotidiennes et de défis pour mieux servir la chevauchée créatrice de l’univers produit comme une vrille qui recentre la fragmentation du présent dans une inspiraction jubilatoire et créatrice. La petite coquille de noix égotique s’efforce de bien garder la barre. Soumise au grand Projet, guidée par l’être psychique, elle esquive moults récifs, croise quelques nécessaires pirates en manque d’existence, et des vols d’oies cendrées qui traversent le miroir du coeur en silence et à l’unisson. Quel beau sentiment, paisible comme un lac sillonné de cols verts, émouvant comme le sourire de quelqu’un qu’on aime, que cette boussole intérieure qui dit oui chaque fois que l’on croise les mille et une formes de la même question : est-ce la bonne Direction ?
Pour finir…
Que ce soit à l’Ashram ou Auroville, notre séjour a été extraordinaire. Les deux sites ont des modes différents et ne sont pas comparables.
Auroville est aventure expérimentale ouverte sur le futur qui accueille les personnes de bonne volonté avec un minimum de contraintes et le principe d’une liberté intérieure à incarner et perfectionner. C’est donc un lieu créatif, en mouvement, inséré dans la problématique du monde, en pointe sur de nombreuses idées et applications sur l’écologie, le néo-urbanisme vert, les énergies renouvelables, la reforestation, la vie sociale et communautaire, l’autogestion… Le tout, et c’est là une de ses particularités, avec une approche spirituelle ouverte, certes inspirée de Sri Aurobindo et de la La Mère, mais vraiment ouverte, sans aucune imposition de culte, de rite, avec la seule exigence que l’on soit engagé dans une voie de perfectionnement intérieur hors des corpus religieux. Bref un des lieux du monde où s’expérimente concrètement les possibilités d’un autre futur sur tous les plans et dans une perspectives post-religieuse. On y trouve un concentré extraordinaire de possibilités, mais aussi d’obstacles avec des défis faramineux. Ayant connu Auroville dans des difficultés terribles en 1982, nous sommes confiants dans la capacité actuelle de cette histoire à surmonter ces défis !
Nous avons rencontré des gens formidables, engagés à fond dans l’aventure, payants de leur santé, et de tous leurs deniers l’aspiration à un autre futur, à une unité humaine par delà tous les barbelés de l’histoire, faisant tous un travail intérieur/extérieur de qualité. Ceux que nous avons rencontrés étaient aussi bien bien français, coréen, allemand, suédois, éthiopien, américain, indien, villageois tamouls…
L’Ashram est une autre forme d’expression, cette fois plus spécifiquement liée à la pratique du Yoga Intégral de Sri Aurobindo et de la Mère. C’est un monastère, et les gens qui y vivent n’ont pas vocation à accueillir des curieux ou des touristes. Les gens de l’ashram sont concentrés, totalement absorbés dans leur sadhana, et n’ont rien de particulier à offrir aux visiteurs. Par contre ils travaillent à produire des objets et des livres pour soutenir leur existence, et ont de vastes fermes où ils assurent la quasi autonomie de leur alimentation.
Nous avons, grâce à une série de contacts providentiels, et parce que nous étions positifs et porteurs de projets, pu découvrir le meilleur des deux expériences. Nous avons surtout rencontrés de ces personnes qui marquent une vie, comme Richard et Kailash, dont la spiritualité rayonnante nous a touché au coeur, si profondément. Comme tant d’autres aussi que l’on retrouve dans notre narratif.
Nous avons à présent des contacts importants sur les deux sites, qui nous permettront d’envisager rapidement :
1- d’étoffer l’Institut Savitri en lui donnant la légitimité d’un partenariat direct avec l’Ashram pour devenir également un Centre Sri Aurobindo et Mère en France, puis ensuite en Afrique de l’Ouest. Nous avons également pu bénéficier de facilités pour diffuser les livres des éditions Sabda, mais également toutes sortes de produits inédits en France et qui sont produits à l’Ashram. Ces facilités et cette légitimité n’ont pas été donnés facilement. C’est vraiment le fruit d’une vraie relation, et nos amis de l’ashram et de la Aurobindo Society ont d’abord longuement scanné nos motivations !
2 – de fonder l’Aurovillage au Burkina Faso, et d’autres en Afrique de l’Ouest et au Maghreb. Le concept a été apprécié, et l’Aurovillage Burkina deviendra l’année prochaine le premier Auroville International Center en Afrique de l’Ouest. Déjà nous avons des propositions de collaboration avec des aurovilliens, et un magnifique projet de construction d’une pyramide avec Aurosatprem.
Enfin nous retenons de nombreux moments intenses spirituellement, aussi bien lors de la visite de la chambre de Sri Aurobindo, au terrain de jeux de Mère, dans la salle de méditation de Mère, dans les espaces vibratoires magnifiques du Matrimandir, dans les bras fraternels de Richards et Kailash, en faisant du vélo dans la forêt d’Auroville, dans le croisement de si nombreux beaux regards à l’Ashram et Auroville, dans la compagnie de Babudas et sa ferme spirituelle… Oui, indéniablement, il y a eu une grâce particulière dans ce voyage !
Voilà donc pour cette fin du séjour en Inde, dont on aura compris qu’il s’agit vraiment d’un commencement.
Catia, productrice du tofu d’Auroville
Auroville est une vraie pépinière d’entreprises écologiques et novatrices ! Notre dernière heure à Auroville a été consacrée à Catia, charmante italo-aurovillienne, installée dans son entreprise de production de tofu. Installée depuis une huitaine d’année à Auroville, Catya a d’abord fait de la pâtisserie, ce qu’elle fait d’ailleurs toujours, avant de reprendre la production de tofu. Elle a même lié les deux activités car elle produit également une gamme de biscuits – les soya-biscuits – que l’on trouve dans les magasins d’Auroville et les supermarchés de Pondi. Le travail de Catia reste encore très artisanal avec un groupe de femmes tamoules qu’elle emploie à la fois pour la pâtisserie et le tofu.
Son matériel reste basique et Catia a besoin d’aide pour faire évoluer son produit et en faire bénéficier les villages alentour…
Autour du broyeur
Un bébé du banyan d’Auroville pour l’Aurovillage africain
Ce matin nous partageons un moment particulier avec Tekesté, notre ami éthiopien, représentant de l’Afrique à Auroville et avec Jaya, en charge du projet de pavillon africain : la remise du plant de banyan provenant du grand Banyan d’Auroville ! C’est un moment émouvant. Arriverons-nous à le garder jusqu’au Burkina Faso ? C’est un challenge ! Si nous y arriverons ce sera vraiment un bonheur ! Nous allons le choyer, soyez-en sûr !

Fructueuse journée à Auroville !
Ce matin c’est le rush !
D’abord interview pour Radio Auroville avec la journaliste Chloé. Ses questions tournent autour de l’origine de l’Aurovillage en Afrique, de mon itinéraire avec le séjour à Auroville en 1982, et des perspectives futures.
Puis rencontre d’un groupe de français de l’île de la réunion, et du responsable du futur pavillon français. Ce dernier est également le créateur d’Aurolang, une méthode qui permet d’apprendre simultanément 4 langues : rien de moins que le tamoul, le français, l’anglais et le hindi !
Nous en profitons pour faire un tour à Savitri Bhavan. Ce lieu magnifique est consacré à l’épopée de Sri Aurobindo.
Ensuite rencontre de Aryadeep, un des anciens d’Auroville, engagé dans la délicate question de la consolidation foncière d’Auroville. Nous partageons cette idée de dissémination d’initiatives « auroviliennes» dans le monde qu’il appelle « Vision Auroville» . C’est également un fin connaisseur de l’oeuvre de Sri Aurobindo et de Mère, et c’est un plaisir d’échanger avec lui.
Jaya nous annonce, alors que nous la rencontrons au Town Hall, qu’elle a pu trouver un plant de Banyan, issu du grand Banyan du Matrimadir. Quelle aubaine ! Le planter au centre de notre Aurovillage serait exceptionnel de sens ! Autre aubaine qui nous tombe du ciel : Christiane, l’amie de Pierre Rabhi, qui travaille tous les matins au Matrimandir nous a préparer un petit paquet à n’ouvrir qu’en Afrique : celui semble contenir de la terre…
Vue du Matrimandir depuis le premier étage du Town Hall
Ensuite nous filons à Simplicité, la ferme de spiruline d’Auroville. Là nous passons une petite heure avec Hendrik, le concepteur de l’endroit. Il nous explique avec humour que la production de spiruline en Inde est une des plus simple au monde : des bacs, de l’eau, un peu de brassage manuel… Pas besoin d’équipements, ni d’ingénierie quelconque ! Enfin nous causons neem. Notre ami nous explique qu’il fait du neem parce qu’on lui en a demandé, et que c’est facile à mettre en gélule, d’autant qu’en Inde on trouve des encapsuleuses manuelles robustes et à bon prix ! Alors pourquoi s’en priver ? Cela nous donne quelques idées pour l’Afrique, cette encapsuleuse… Pourquoi ne ferions-nous pas également de la poudre de neem séchée ?
Le Matrimandir

J’ai connu le Matrimandir en 1982. C’était en pleine mousson, et l’édifice n’était alors qu’une demi-carcasse de béton battue par la pluie. Cela ne payait pas de mine. Il fallait en avoir dans la tête et dans le coeur pour mouiller son maillot dans ce titanesque chantier tropical, en essuyant les critiques de tous les aigris du monde ! Chapeau à tous ceux qui ont osé ! En plus à l’époque Auroville traversait plusieurs crises simultanées, et parfois violentes…
Aujourd’hui le Matrimandir attire les foules. Pas seulement comme on l’imagine au premier abord, les curieux basiques, qui viennent « faire Auroville» dans le cadre de leur tour du Sud de l’Inde. Ou les journalistes et chroniqueurs qui viennent pour rapporter d’un ton persifleur et parigot leurs impressions ironisantes et remâchées. Il y a aussi cette foule de chercheurs de tous bords, méditants, spiritualistes, pèlerins du Sens, alternatifs, et autres quêteurs de toutes les écoles… Aucun harcèlement, aucun prosélytisme, chacun peut venir se recueillir à l’intérieur étonnant de cette sphère, dans une salle blanche et lumineuse à douze colonnes, autour d’un énorme cristal traversé axialement par un rayon de lumière solaire.

On accède à cette salle – dont la photo ne donne qu’une très très pâle impression – par un accès superbe : une montée spiralée presque aérienne qui traverse l’ensemble de l’édifice. On monte la pente en douceur, car le sol est légèrement matelassée ce qui donne un sentiment concret de légèreté. La solennité des lieux, le silence massif, la beauté des jeux d’eau et de lumière donnent l’impression d’une procession d’âmes qui s’élèvent vers le ciel ! Ceci dit cette image St Sulpicienne peut prêter à sourire, l’effet est pourtant garanti !
Après la montée on entre dans la grande salle. Tout le monde s’assied, l’ensemble formant plusieurs cercles concentriques autour du cristal, le tout dans une ambiance lumineuse modulée par un rayon de soleil quelquefois retenu par quelques nuages. Alors la salle s’enfonce dans une pénombre concentrée.
J’ai vécu là une expérience intéressante. D’abord un alignement rapide de toutes mes composantes intérieures, subjuguées par cette atmosphère captivante. Tout mon monde était au garde à vous ! Je voyais le vital s’esbaudir de cette charge magnétique si profuse se déclarant prêt à gober toutes les spires énergétiques qui pulsaient du cristal ! Le mental savourait les harmoniques d’ombres et de lumières, extasié dans la contemplation platonicienne de nos reflets sur la boule opalescente !
Puis petit à petit le ballet s’est calmé. Alors une charge ascendante et concentrée est montée des profondeurs, activant dans les tréfonds une sorte d’effet de domino de force et de joie contagieuses. Un sourire en cascade et en ricochet s’est mis en branle. Comme si toutes les parties contradictoires se donnaient enfin la main pour dire Oui. Un sentiment de Possibilité mêlé à la voix de Mère. Et l’irradiation de ce Possible dans le geyser de chaque instant. Enfin la fleur de la Gratitude s’est ouverte, et il n’y a plus eu que Cela-qui-Aime, tendu comme un arc dans toutes les parties. Intense, chargé, massif, et prêt à bondir ! Non, le Matrimandir n’est pas un temple : c’est un accélérateur des particules de notre conscience !

En vélo, anecdotes et rencontres
Faire du vélo à Auroville, c’est pédaler autrement ! D’abord on roule consciemment, le mantra chevillé à la pédale, et à gauche comme en Angleterre. Les pistes sont parfois cahoteuses, on est pleine forêt et on y fait des rencontres comme nulle part ailleurs.
Tiens, aujourd’hui nous avons rencontré de nouveau Georges, que nous avons croisé il y a quelques jours en faisant la queue à la solar kitchen, la faramineuse cantine d’Auroville.Ce grand bonhomme à la chevelure et la barbe argenté, tout de blanc vêtu nous évoque une sorte de sage celte. Comme avec certains aurovilliens de coeur, ceux qui sont à l’intérieur de l’histoire, qui en vivent la dimension profonde, on sent immédiatement ce brasier dans le regard, cette présence immédiate, intense, juvénile et rayonnante de l’être psychique.
Cette fois-ci nous le rencontrons devant le Matrimandir. Il y est jardinier et veille les matinées, aux heures des visites publiques, sur la belle fontaine aux pétales en marbre blanc qui constitue le bel écrin du second cristal de l’édifice. Un lieu de paix et d’énergie magnifique. Nous croisons Georges donc qui nous fait un magnifique cadeau : trois graines de issue de l’arbre du Samadhi de Sri Aurobindo. Plantez les en Afrique ! S’exclame-t-il avant de nous quitter en filant sur son vélo…
A la sortie d’un des restaurants dont nous ne nous souvenons plus du nom, tant nous étions occupés avec Jaya et Takasté, nous tombons à la sortie sur une jeune voisine de table française. Sa mobylette a déraillé ! Un petit coup de main, et ça repart ! Et la conversation avec ! Elle nous raconte son séjour et démarre par une salve de critiques : il n’y a que des riches à Auroville, l’argent a tout pourri, le lieu n’a rien à voir avec l’idée de départ…
C’est une constante chez un certains nombre de visiteurs français lecteurs de libé, au tempérament râleur et furieusement anti-économique ! J’explique à cette jeune personne qu’en 1982, lors de mon précédent séjour, je roulais dans les mêmes lieux en vélo, non pas dans une forêt, mais dans un désert rouge raviné de canyons. Que j’avais rencontré les pionniers vivants dans des huttes, et qu’aujourd’hui nous retrouvons avec bonheur certains de ces pionniers toujours le coeur vaillant, animé du même feu, et que nous nous inspirons de ces formidables rencontres pour créer un Aurovillage en Afrique.
Quand à la création d’Auroville et ses objectifs initiaux, et la conformité des orientations actuelles avec ces objectifs, il faut connaître l’oeuvre de Mère et de Sri Aurobindo et passer beaucoup plus de temps à Auroville. Nous lui conseillons de se rapprocher des personnes qui portent la flamme d’Auroville et qui en sont les acteurs pour comprendre le fond de la question. Curieux ces gens qui passent, qui se requinquent ou s’offrent de belles vacances dans des guest-houses à moindres coûts, bénéficiant de l’incroyable infrastructure d’Auroville, et qui se complaisent dans la critique facile sans jamais s’être proposés comme volontaires pour donner ne fut-ce que quelques coups de bêche !
Finalement nous nous quittons avec un vrai sourire au coeur, et elle semble sensible au message que nous lui transmettons : plutôt que de « s’ouvrir à ce qui vient pour me faire un jugement» qui semble être sa méthode d’approche, nous lui proposons (on est jamais assez prudent, car ce qui vient n’est peut-être pas le plus recommandable !) de formuler l’aspiration de découvrir le meilleur d’Auroville !
Sur ce, nous filons et pédalons dans cette énergie si particulière comme si l’atmosphère était chargée du pollen du futur. On sent une vraie dilatation du corps et de l’esprit et une omniprésence végétale bienfaisante qui recouvre Auroville de son manteau maternel, plein d’agrément de complicité.
Certes on sent aussi une multitude de problèmes, des tensions avec des locaux tamouls, une crise évolutive d’Auroville littéralement submergée de visiteurs, de nouvelles vagues qui surfent sur la tendance écolo-altermondialiste en ignorant la dimension évolutive de l’histoire, des tensions foncières graves, une montée en charge économique qui questionne, des risques de fragmentation et un déficit d’unité interne… Mais ce sont des problèmes à surmonter et Auroville n’a jamais eu autant les moyens de les affronter. Au regard des gouffres déjà traversé et des crises qu’a rencontré cette histoire dans ses premières années, ces questions ne paraissent pas insolubles !
En rentrant nous croisons une pancarte qui indique Aurosoya ! On fait aussi du tofu à Auroville ! Voilà qui nous intéresse ! La visite est programmée pour demain !
Notre nouveau guest-house !
Une maison typique d'Auroville
L'âme d'Auroville se cache derrière les fourrés...
Une pyramide et une Maison de l’Unité à l’Aurovillage du Burkina Faso
Nos discussions avec Aurosatprem prennent un tour nouveau lors de cette dernière rencontre de ce jour, 1er février 2010. Dans le book de ses réalisations qu’il nous a donné il y a quelques jours, nous découvrons une pyramide réalisée en Inde, respectant les proportions de la pyramides de Guizeh et intégrant une forte dimension symbolique et spirituelle.

Sur ce lien on trouvera le détail de la description de cette pyramide et de sa construction. Cette pyramide aux proportions un peu plus larges que celle-ci pourra être le Centre de l’Aurovillage. Elle sera l’épicentre énergétique du site, un lieu de silence et de concentration et un hommage à l’Egypte.
Nous nous intéressons également à autre bâtisse pour une Maison de l’Unité, qui valorisera le patrimoine africain ouvert à l’universel. Plus grande que ce modèle, elle comprendra une touche plus africaine avec la collaboration d’un maçon de Djenné au Mali, qui permettra de donner la touche d’architecture « soudanienne» à l’édifice.
Ce qui est intéressant avec Aurosatprem c’est le côté concret du personnage. La calculette toujours à sa portée , il peut en en tour de main connaître les coûts moyens, les temps de réalisation, et les modalités pratiques. Rien ne lui semble impossible dans notre projet, et il se propose de réaliser tous les plans et de travailler avec nous sur le dossier de présentation et de participer à la réalisation si nous trouvons les moyens !
Avec Aurosatprem et the Auroville Earth Institute
On nous avait recommandé à lui. Et avec raison. Aurosatprem est une autre des formidables rencontres d’Auroville. Ses outils en bandouillère, le coeur rayonnant, l’esprit à la fois consacré et pratique, aurovillien jusqu’à la moelle, c’est un des grands bâtisseurs d’Auroville. Architecte français, il a construit dans une vingtaine de pays des écoles, des mosquées, des temples, des immeubles…tous en terre ! Ses magnifiques ouvrages en blocs de terre compressée se dressent un peu partout dans la forêt aurovillienne. Nous le rencontrons avec nos amis Jaya et Tekeste au sujet de la construction du pavillon africain d’Auroville.
Aurosatprem au centre avec l'équipe du pavillon africain
Nous échangeons par ailleurs avec lui sur l’Aurovillage du Burkina Faso. Grand connaisseur de l’Afrique qu’il a fréquenté de long en large pour de nombreux chantiers, il est intéressé par notre projet et se propose d’y participer en nous aidant à concevoir ce dont il sera question dans le… prochain post !
Aquadyn : l’eau dynamisée d’Auroville
Une belle rencontre que l’équipe d’Aquadyn, et en particulier le créateur et promoteur du concept : Bhagavandas. C’est Chloé, journaliste radio d’Auroville qui organise la rencontre avec ces merveilleux allumés de l’eau biodynamisée. Cela nous intéresse beaucoup, car pour nous également l’eau est un élément fondamental, non seulement pour notre alimentation et notre équilibre, mais également pour le niveau vibratoire et les résonances de cet élément conducteur majeur.
Bhagavandas nous explique : « le procédé utilisé est celui d’un scientifique des années 50, Marcel Violet, membre de l’académie des sciences de Paris. La bio-dynamisation permet d’intégrer dans l’eau les énergies des ondes à haute fréquence, captées par un oscillateur et un condensateur à la cire d’abeille.Ces énergies restructurantes sont transmises à l’eau par deux électrodes d’argent. L’une, placée dans un bio-filtre (second filtre à charbon actif) assure une dynamisation de l’eau en ligne tout en permettant d’amplifier l’effet « catalyseur» du charbon actif. L’autre, spiralée, est en contact direct et permanent avec l’eau du réservoir.
L’eau ainsi restructurée devient alors biocompatible avec l’eau biologique de notre corps. Mais nous allons plus loin : à l’intérieur du réservoir, l’eau est en permanence traversée par un rayon lumineux porteur d’ondes sonores. Une musique sélectionnée et enregistrée (Bach, Mozart, Beethoven, et même de mantras si on le désire…) est diffusée en boucle. Ces ondes sonores optimisent le taux vibratoire de l’eau augmentant ainsi ses propriétés d’eau vivante.»
Notre rencontre a aussi pour point focal l’Afrique. Quel intérêt pour l’Afrique ? Est-ce que ce procédé pourrait être développé localement ? Nous nous quittons avec des idées et des projets à venir…
Aux pieds de la Shakti évolutive, et en hommage à tous les Précurseurs nous offrons notre modeste témoignage sur le chemin de la Voie ensoleillée.
Yaristan et Jayanti